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Mort des manettes, réalité virtuelle, c’est vraiment ça l’avenir du jeu vidéo ?

today18/11/2022 6 2

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Mort des manettes, réalité virtuelle, c’est vraiment ça l’avenir du jeu vidéo ?

Elle est loin, cette époque, où l’on soufflait dans les cartouches récalcitrantes, pour qu’enfin le jeu démarre. Ces années-là, on ponçait Super Mario Kart ou Street Fighter II sur un bon vieux téléviseur cathodique, avec une manette (avec un fil !). Depuis, le jeu vidéo a changé. Il n’y avait qu’à se balader à la Paris Games Week, la semaine dernière, pour le constater. Les jeux dématérialisés remplacent les éditions en boîtes, il n’y a plus de fil, ou rarement, entre la console et la manette, et on ne joue plus seul, ou avec des copains, dans le salon, mais avec des joueurs du monde entier. Et demain ?

Nul doute que le jeu vidéo, dans dix ou vingt ans, n’aura plus le même visage. Peut-être qu’il n’y aura même plus de contrôleur, qui lie le joueur à l’interface. Gen1us, célèbre commentateur d’e-sport et animateur sur Game One, est un « passionné », et même, « un créateur de manettes », confie-t-il à 20 Minutes. « Mais, logiquement, dans dix ans, les périphériques comme le clavier, la souris, ou la manette, ce sera sans doute archaïque. Au début, il y aura peut-être des petites poignées, comme celles que l’on utilise dans des jeux en réalité virtuelle. Mais, à terme, on n’en aura sans doute même plus besoin. Le jeu aura tellement évolué, qu’il y aura des détecteurs, on aura juste à bouger. » Au grand dam des « amoureux des manettes, comme moi », sourit Gen1us, mais « on s’habituera ! ».

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« Ce qui manque, ce sont de vrais jeux »

Et peut-être que la fin des manettes ouvrira le jeu vidéo à un encore plus large public. « Il y a plein de gens, aujourd’hui, qui n’arrivent pas à utiliser des manettes, des claviers ou des souris, reprend Gen1us. Des personnes étrangères aux jeux vidéo, qui n’ont pas grandi avec une manette dans les mains, pourront découvrir cet univers plus facilement. »

Sans doute, qu’à cette époque, la réalité virtuelle aura percé, et davantage de gamers joueront avec un casque sur les yeux. Car aujourd’hui, malgré l’abnégation de quelques mastodontes du marché, comme Sony, ça ne prend pas vraiment. « On sait que c’est top, que ça fonctionne plutôt bien, reprend Gen1us. Il y a des casques, et des graphismes, de plus en plus améliorés. Mais ce qu’il manque, ce sont des vrais jeux. Pour l’instant, aucun n’a réussi à me convaincre, et à me faire dire “Oh la la, il faut que j’y joue en réalité virtuelle !” Pour l’instant, il n’y a presque que des jeux… pas gadgets, mais presque. »

Etre « à l’intérieur de l’image »

La réalité virtuelle, Jean-Bernard Grasset, le fondateur de l’agence Monochrome, y croit « à fond ». « Ma fille a 20 ans, elle est née avec le mobile, confie-t-il. Je me dis qu’elle ne va tout de même pas continuer à regarder le monde sur un écran de 7 cm de diamètre toute sa vie. Cette jeunesse, elle ne se remettra pas devant la télévision. La prochaine étape, c’est qu’elle soit à l’intérieur de l’image. » Encore faut-il que la réalité virtuelle parvienne à séduire le grand public. Pour l’instant, ça frémit, mais c’est encore une niche.

En 2015, Jean-Bernard Grasset avait ouvert une galerie, à Beaubourg, pour faire de l’art avec cette technologie. « Mais on ne gagnait pas un sou », sourit-il. L’entreprise a même créé des jeux, où l’on est immergé dans des univers somptueux. « A chaque fois que l’on faisait tester la réalité virtuelle à des gens, de 7 à 77 ans, ils étaient tous émerveillés. Je me suis dit que ça allait cartonner. Mais malheureusement, très peu de casques ont été achetés. » Encore moins par les « hardcore gamers », dont la plupart se moquent de ce nouvel outil. Aujourd’hui encore, la réalité virtuelle attire plus les joueurs du dimanche, que les gros. Parce que c’est une autre façon de jouer. « Beat Saber [un jeu de rythme développé par Beat Games], tout le monde peut y jouer, poursuit Jean-Bernard Grasset. Tout de suite, on comprend, et c’est simple à prendre en mains. Ma mère peut y jouer ! Alors qu’un jeu au clavier et à la souris, il faut tout de même avoir une sacrée maîtrise. »

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La réalité virtuelle, « un nouveau média » pour le jeu

Aujourd’hui, si les passionnés ne sont pas au rendez-vous, c’est aussi, sans doute, une question de graphismes, qui ne sont pas encore à la hauteur des consoles de la nouvelle génération. Mais cela pourrait peut-être changer, avec la sortie de la PS VR 2, le casque de réalité virtuelle de la Playstation. « Déjà, le PS VR avait pas mal marché, note Jean-Bernard Grasset. Avec la PS VR 2, la qualité de l’image, si elle n’est encore à la hauteur de la Playstation 5, mais la différence est bien plus faible qu’entre la PS VR et la Playstation 4. On commence à se rapprocher. Ça devient assez dingue. »

Mais pour le fondateur de Monochrome, cela ne fait aucun doute : la réalité virtuelle restera un mode de jeu parmi d’autres. Elle ne prendra pas toute la place. C’est aussi l’avis de Rodolphe Lang, qui conçoit des jeux en réalité virtuelle, avec le studio Yobiké. Son jeu, Papaye Bang, a séduit petits et grands, à la Paris Games Week. Dans un monde ultra-coloré, on doit atteindre des petits personnages en forme de pinatas, avec un lance-pierre. « La réalité virtuelle, ce sera un nouveau média pour le jeu vidéo, comme l’ont été les bornes d’arcade, les consoles, puis les ordinateurs, confie-t-il. Certains auront une console Nintendo, une console Sony, une console Microsoft, et d’autres un casque. »

Aujourd’hui, « les gens sont curieux, ça commence vraiment à prendre », assure-t-il. D’autant plus que la réalité virtuelle qui filait mal au crâne, c’est fini. « Pour l’Oculus Quest 2 [l’un des casques les plus populaires], la résolution des lentilles a été augmentée. La “motion sickness”, le mal de mer que l’on peut ressentir à cause de l’oreille interne, n’existe plus. » La réalité virtuelle a toutefois un obstacle de taille à surmonter : son manque de diversité, en matière de gameplay. Les jeux qui utilisent cette technologie sont, pour la plupart, des jeux de tir ou de rythme. Ça n’empêche pas les jeunes de s’éclater. « La réalité virtuelle, j’adore ça, note Etienne, qui sort d’une partie de Beat Saber. Etre immergé dans un autre monde, c’est génial. Je pense que c’est le futur du jeu vidéo. »

Written by: Alan

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